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Le remplaçant de Steve Jobs est-il à la hauteur ?
- 16/10/2011
- Actu business
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Peu avant sa mort l’inventeur de l’iPhone et de l’iPad avait définitivement laissé sa place à son bras droit, Tim Cook. Une succession à très haut risque.
Les habitants de Cupertino sont décidément ingrats. Ce jeudi 8 septembre, alors que la direction d’Apple venait présenter en mairie les plans du second campus qu’elle compte ériger dans cette ville au sud de San Francisco, ces rabat-joie n’ont cessé d’ergoter. «Ils vont polluer l’air en fabriquant leurs prototypes d’iPhone», a grogné Cathy Helgerson, une petite mamie bien connue du quartier. «Ça va saturer l’autoroute 280 déjà très encombrée», a chipoté Patrick Robins, un costaud fort en gueule. Ne riez pas ! En Californie, on ne badine pas avec les normes environnementales, même quand elles concernent l’un des premiers employeurs et contribuables de l’Etat.
Tim Cook ne s’attendait pas à ce bizutage en règle. Mais ces petites querelles de voisinage ne sont que d’aimables zakouski comparées aux défis qui attendent le nouveau patron d’Apple. Depuis la fin août, c’est en effet à ce célibataire endurci de 50 ans que revient la tâche de succéder à Steve Jobs. Autant dire de remplacer Dieu. Certes, l’ex-directeur opérationnel de la firme à la pomme avait déjà, en deux occasions, assuré l’intérim, quand le big boss n’avait d’autre choix que de soigner son cancer. Désormais, le retrait du P-DG le plus adulé du monde est définitif. «Les jours les plus brillants et les plus innovants d’Apple sont encore devant elle», a assuré Jobs dans sa lettre de démission. Un message paternel à l’adresse de Cook. Mais celui-ci est-il taillé pour faire le job ?
A priori, tout oppose le maître et son élève, de six ans son cadet. Dès l’adolescence, le jeune Steve était connu dans la Silicon Valley pour arpenter les cours du soir de Hewlett-Packard. A la sortie du lycée, Tim, lui, rangeait des médicaments et passait le balai chez Lee Drug, une pharmacie de Robertsdale, bourgade de l’Alabama où il a grandi avec ses deux frères. «Il était très travailleur et toujours poli», se souvient Betty Rawls, sa patronne de l’époque. Ce n’est qu’après un diplôme d’ingénieur industriel décroché à la fac d’Auburn en 1982 qu’il s’est orienté vers l’informatique. Pendant seize ans, chez IBM, Intelligent Electronics, puis Compaq, il enchaînera les postes de directeur logistique. On a connu plus glamour.
Son destin a basculé en 1998. «Je l’ai présenté à Jobs, qui cherchait un type capable de reproduire le modèle opérationnel de Dell, raconte à Capital le recruteur Rick Devine. Dès leur première rencontre, j’ai senti le courant passer entre eux. Steve ne fonctionne qu’à l’affect. Il m’a demandé d’entamer les négos tout de suite après l’entrevue.» Tim Cook a fini par dire oui, tout en s’asseyant sur plusieurs millions de dollars de stock-options chez Compaq. «C’était un risque financier énorme», poursuit Devine. Pas de regret : depuis son arrivée chez Apple, le cours de l’action est passée de 7 à 384 dollars.
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